En mai 2003, les responsables de conviviums se réunissent pour la fondation de Slow Food France.
En octobre 2003 , à l’occasion du 1er Salon réalisé par Slow Food, « Aux Origines du Goût « à Montpellier, c’est la première réunion de travail du Comité Education au goût.
Le Comité a fait les constats suivants.
1. Premier constat : nous avons une philosophie commune.
Elle peut être définie brièvement de la manière suivante :
Pas d’approche uniquement hygiéniste, diététique, scientifique, historique, liée aux techniques de production, économique, etc…
L’éducation au goût passe par le plaisir de découvrir, de goûter, de faire. La présence du produit est indispensable.
Slow Food a un rôle d’éveilleur, de formateur, pas de censeur des pratiques alimentaires.
2. Deuxième constat : nos interventions sont très diverses.
Des conviviums, peu nombreux, selon leur réseau relationnel et leurs compétences se sont lancés dans l’éducation au goût.
La diversité est grande :
• Diversité par le public : enfants d’écoles élémentaires, lycéens et même étudiants,
• Diversité par les lieux d’intervention : en classe, au restaurant scolaire, hors établissement ( salon de l’Enfance par exemple ),
• Diversité par les intervenants : bénévoles de convivium ou salarié ( un cas), producteurs, parents d’élèves, grand-mères cuisinières, intervenants d’associations partenaires ( Fédération des Centres Ruraux, en projet : Cap science, Institut des saveurs)
Il peut être difficile de préciser quelquefois le statut de l’intervenant . Par exemple, une petite commune de la Côte d’Azur n’utilise que des produits biologiques locaux dans la cantine scolaire. C’est un élu qui a été à l’origine de ce projet. Il tire sa légitimité de son statut d’élu, même si son action a été déterminée par le fait qu’il est militant bio et membre Slow Food .
(Deux formes opposées d’instrumentalisation de Slow Food peuvent exister :
- Slow Food acquiert indirectement de la visibilité grâce à un membre dans le cadre de ses activités professionnelles ;
- ou l’inverse : un membre de Slow Food, pour réaliser certaines activités professionnelles freinées par des enjeux internes à son secteur d’activités, se prévaut de Slow food.
Les deux formes peuvent exister simultanément.)
• Diversité par les modalités d’intervention : de l’animation/sensibilisation à un apprentissage plus soutenu.
• Diversité par les durées d’intervention : de quelques heures à plusieurs demi-journées.
3. Troisième constat : il est nécessaire d’organiser ce développement, spontané jusqu’à aujourd’hui.
Le Comité propose de centraliser les comptes-rendus, les bilans d’initiatives réalisées dans un centre ressources associé à un forum ouvert aux conviviums.
Les initiatives les plus prometteuses seront valorisées pour favoriser leur dissémination.
4. Quatrième constat : développer l’Education au goût.
Trois choix sont à décider en même temps et non chronologiquement :
• Choix éducatif/pédagogique : se doter ou s’approprier une méthodologie et définir un « label » Slow Food .
Objectif : acquérir de la compétence.
• Choix politique/stratégique : positionner, situer Slow Food
- par rapport aux producteurs et leurs groupements,
- par rapport au réseau institutionnel et associatif ,
- par rapport au public visé.
Et cela au niveau local et national.
Slow Food a un rôle d’assembleur. Il peut être un catalyseur d’énergies.
Il s’agit de rechercher des partenaires pour conduire des projets en maîtrise complète, en mise en œuvre partagée, en accompagnement.
Objectif : acquérir de la visibilité, de la légitimité, de la reconnaissance.
• Choix de la continuité , de la pérennité. : sans financements locaux, nationaux, européens, l’avenir de Slow Food est compromis, selon le vieux proverbe chinois :
« Qui n’avance pas, recule ».
Objectif ; acquérir de l’autonomie financière.
5. Cinquième et dernier constat : être Slow
C’est faire avec plaisir pour les autres et pour soi avec toute notre énergie mais en tenant compte de nos forces.

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