Quand notre Président, le Très Cher Isabal,
M'a dit :
" - Au Miramar, on fête nos trois ans,
"J'aimerais que tu fasses, un peu, notre bilan !"
J'ai pris la balle au bond, mais cette fichue balle
M'a laissé bouche bée, un tantinet "nunuche",
Un peu comme l'on sort d'un dîner un peu cruche ...
Je me suis alors dit : - Quel genre de discours
Pourrais-je composer, pour vous en un tel jour ?
Convenez avec moi qu'il est fort redoutable
De voir un orateur qui se lève de table,
Prononce quelques mots,
sur un ton sentencieux,
Du style : " - Mes amis, Mesdames et Messieurs ..."
Déjà, c'est ennuyeux, c'est la douche glacée.
On sait que c'est un mauvais moment à passer.
On s'y résigne gentiment,
Et on écoute poliment ...
On n'en fait plus qu'une question
De temps perdu - à condition
Bien entendu que l'orateur n'abuse pas
Et qu'il ait la bonté
De limiter
Lui même les dégâts ...
Alors, rassurez-vous, n'ayez pas d'inquiétude,
D'ailleurs, qui me connaît, connaît mes habitudes :
Je hais ce qui m'opprime ou m'enchaîne ou me lie,
Et respecte fort peu les règles établies.
Je ne ferai donc pas, ce soir, de conférence,
Vous parlant de "Slow Food" et de ses références ...
Je voudrais simplement, vilain petit canard,
Rendre hommage à Maurice et à Henri Bernard,
Et dire que sans eux, "Slow Food" ne serait pas !
Pour la paire qu'ils forment, "Slow Food" c'est autre chose
Qu'une soirée festive conclue par un repas,
C'est une idée jolie qui met un peu de rose
Dans un monde insensé où la bouffe O.G.M.
Menace l'avenir de tous ceux que l'on aime !
Alors mon Cher Henri ... Bernard pour les intimes
(- Non, ne t'inquiète pas, ne fais pas cette mine !)
Te connaissant un peu, sans vraiment te connaître,
Si ce n'est de réputation,
J'ai pensé hier au soir, que je devrais, peut-être,
Pour parfaire mon éducation
Me renseigner sur toi grâce à mon dictionnaire...
Qui est un livre précieux et extraordinaire !
J'ai donc, Cher H.B.L. , sauté sur mon dico,
Et je t'y ai trouvé, tout de suite, illico !
Je dois te signaler un détail, tout de go :
Tu n'y figures pas, comme Victor Hugo,
Dans la partie dite "historique" ...
On n'y fait pas encore, non, ton panégérique
Car j'ai trouvé ton nom parmi les mots usuels !
Et là, tu y es dépeint en termes bien cruels,
Voici comment on te détaille : " La paire,
Non commun féminin, synonyme de "belle"
Dans l'argot des bandits lorsqu'ils se font la paire !"
"Se faire la paire !"
Quel bonheur, Chère Cathy,
D'avoir un jour trouvé cet étonnant mari !
Côté prénoms aussi, l'affaire est assez belle :
Henri est le prénom de quelques rois de France,
Symbole s'il en est de notre survivance !
Depuis Henri Ier, Roi en l'an mille trente,
A Henri le Cinquième qui ne règna qu'un jour,
(Huit cents années après, en l'an mille huit cent trente)
Tous ces rois d'une année ou même d'un seul jour,
Etaient numérotés par la mère patrie.
Un chiffre seulement allait les désignant :
Henri II, Henri III, Henri IV le Grand !
Toi tu n'as pas souhaité que ton prénom Henri
Soit suivi d'un seul chiffre,
et celui de Bernard
Le doublant simplement rappelle un grand Saint...
Mais aussi un grand chien, adorable toutou,
Qui portait un tonneau accroché à son cou
Pour sauver dans la neige quelques âmes perdues ...
C'est d'ailleurs ta devise :
"Sauvons ce qui est perdu !"
C'est celle de "Slow Food" et de son Président
Dont je vais vous parler maintenant, simplement,
Car je dois l'avouer : je n'ai pas trop de mal,
A dire quelques mots sur l'ami Isabal.
En se rendant chez lui, à l'Hôtel Ithurria,
A l'ombre de l'église, du fronton d'Aïnhoa,
L'on se sent beaucoup mieux.
Un charme vous pénètre,
Tout un chacun voyant son appétit renaître,
Se pose la question :
Aurons-nous du faisan,
Des piquillos farcis, sûrement pas du merlan,
Un cassoulet d'ici, composé d'haricots,
De confit, de boudin ... pour trente simples Euros !!!
Ou bien pour cette somme, merveille des merveilles :
Un saumon de l'Adour avec son lit d'oseille,
Et puis le choix d'un roi pour plat de résistance :
Une belle volaille de notre chère France
Agrémentée de truffes, suprêmes friandises,
Que nous dégusterons par pure gourmandise,
Avant de terminer par un alcool flambé
Sur une tarte fine - digne d'un père-abbé !
Je ne puis, Cher Maurice, en pensant à ces mêts
Oublier nos amis Chilo et Arrambide
Duval et puis Gauthier - passons sur le beau bide
Du dîner morutier - et que ceux que j'omets
Me pardonnent ce soir : Arcé ou Marmouillet,
Bartouilh et Couzigou, Lagadec, Otheiza,
Les pêcheurs de Banca, le pâtissier Vincent,
J'en oublie quelques uns, peut-être même cent,
Bonnet et Riouspeyrous, Brana et autres artistes,
Notre ami Gauzëre, chez qui, bientôt, l'on va,
Patrice Demangel qui, ce soir, nous reçoit :
Soyez tous remerciés de faire que l'on existe.
Et voyant vos visages,
Je sais que vous aurez, de mes vains bavardages
Partagé simplement l'hommage à nos amis
H.B.L. et Maurice.
Je vous en remercie !
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