En quatre mots : « Pilosité landaise », homonyme de "Aptérix de Nouvelle Zélande" et du fruit de l’Adtinidia de Chine …
Tout gosse, je collectionnais de grandes boites en fer blanc des marques Lu, Leroux et autres gourmandises, mais également de petites boites rondes blanches, noires ou marron sur lesquelles figurait un curieux oiseau au bec long dont le plumage gris brun épais ressemblait à davantage à de longs poils qu’à un duvet : un Kiwi. Aujourd’hui encore, j’associe le nom de ce curieux oiseau incapable de voler à la brillance de mes chaussures d’écolier et à la difficulté que j’éprouvais pour nettoyer mes mains et mes ongles après l’épreuve du « cirage de pompes » !
C’était l’Enfer !
Heureusement pour moi, j’avais déjà compris que le Paradis était aussi sur terre : il était au fond du jardin et ses fruits n’étaient pas défendus. Mon père tendait la main pour les cueillir et ma mère se penchait pour les ramasser. Lorsqu’ils étaient trop haut perchés, j’escaladais le tronc et secouais les branches pour faire tomber ceux que je ne pouvais atteindre. Au temps des cerises, je me gavais de ces perles en boucles d’oreilles, maîtresses de mes premiers bonheurs de bouche… Cette sensualité brute du fruit seul, sans pâte ni crème, je l’ai retrouvé plus tard dans le Kiwi, plutôt « vilain » par son aspect extérieur mais, à l’image des pierres que nous ne collectionnerons pas si de savants minéralogistes ne nous les avaient pas fait découvrir, tellement beau une fois tranché.
C’est à la découverte de ce fruit quasiment inconnu en France dans les années cinquante, apparu ensuite comme fruit exotique aux étals des épiceries de luxe et maintenant promu « bien de chez nous » que « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque » vous invite :
Le Samedi 19 Mars 2011,
au Domaine Darmendieu, à Saint-Martin d’Orthe, à 11 h 30
où nous visiterons la plus grande plantation française de Kiwis avant de nous retrouver à 13 heures à « La Ferme d’Orthe », à Orthevielle, pour un déjeuner gourmand dont nous avons confié l’organisation à l’ami François Coulinet.
C’est à Henri Pedelucq que nous devons la « naturalisation » française du Kiwi. Convaincu, dès 1965, que de ce fruit originaire d’Asie avait un avenir prometteur dans cette région proche des Pyrénées où la douceur océanique ne pouvait que favoriser la qualité gustative des fruits, il planta d’importants vergers dans les sols fertiles de la Vallée de l’Adour pour y « produire l’un des meilleurs kiwis du monde ».
C’est avec cette même ambition que Julien Pedelucq, son fils, a pris sa suite en 1995 pour faire de la Société SIKIG le leader du Kiwi en Europe.
N’ayant pas passé l’agrégation « es Kiwi » ni le moindre certificat me permettant de vous conter les nombreuses certifications obtenus par la famille Pedelucq - Label Rouge, IGP, CCP, ISO etc … - mais connaissant quelque peu la nature humaine, je me contenterai de vous préciser que les pauvres humains que nous sommes ont deux points communs avec le Kiwi et l’arbre qui le produit.
Fruit de l’actinidia de Chine, arbuste ornemental et grimpant aux rameaux vigoureux et volubiles couverts en leur jeunesse de poils rouges hirsutes dont la couleur contraste avec le vert foncé des feuilles arrondies et gaufrées, le Kiwi possède une pilosité identique à celle d’un jeune adolescent ignorant encore les choses du sexe ! De ce côté-là, nous avons également quelques similitudes : étant de la famille des plantes chez qui les sexes sont séparés, il faut, si l’on veut obtenir des fruits, planter à proximité pieds mâles et pieds femelles ! Par contre, alors que, chez les hommes les garçons naissent dans des choux, et les filles dans des roses avec quelques différences bienvenues, chez les Actinidia, il n’arrive qu’une grosse baie charnue de forme oblongue et de la taille d’un œuf, couverte d’une pilosité brun doré. Enfin, si les bébés se bécotent, le Kiwi se décalotte comme un œuf à la coque pour être dégusté à la petite cuillère. Sa pulpe, d’un vert foncé intense relevé par de minuscules pépins noirs disposés en couronne en son centre, a une saveur sucrée légèrement acidulée, que certains chroniqueurs et autres gourmets amateurs de belles et bonnes choses ont pu comparer à celle de la groseille à maquereau. Mais ça, c’est une autre histoire …
Pour se rendre au Domaine Darmandieu, deux itinéraires au choix :
1°- La Nationale 117 (Bayonne/Pau) jusqu’à Port-de-Lanne. A la sortie de Port-de-Lanne, prendre à gauche la direction « Saint-Lon-les-Mines/Dax. Le Domaine Darmandieu est à 2 km.
2°- L’Autoroute Bayonne/Pau, prendre la sortie « Peyrehorade ». Prendre la direction Bayonne/Port-de-Lanne. A l’entrée de Port-de-Lanne, prendre à droite la direction « Saint-Lon-les-Mines/Dax. Le Domaine Darmandieu est à 2 km.
Le restaurant « La Ferme d’Orthe », à Orthevielle, est à 3 km. du Domaine Darmandieu.
Bernard Carrère.
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