« Pomme, pomme, pomme, pomme … » Ludwig Van Beethoven.
“Ce que je fais, Monsieur, - répond joliment Edmond Rostand à son interlocuteur curieux de ses journées au Pays Basque - des courses dans les bois,
A travers des ronciers qui me griffent les manches ;
Le tour de mon jardin sous des arceaux de branches ;
Le tour de ma maison sur un balcon de bois.
Ce que je fais ? Je fais quelque fois une lieue
Pour aller voir plus loin si la Nive est plus bleue ;
Je reviens par la berge ... Et c’est tout, s’il fait beau !
S’il pleut, je tambourine à mes vitres des charges ;
Je lis, en crayonnant des choses dans les marges ;
Je rêve ou je travaille.”
Et nous, « Slow Foodiens » engourdis, qu’allons nous faire en ces temps où la campagne grelotte, où le vent, la pluie et les gelées qui s’annoncent nous poussent à nous calfeutrer dans nos maisons et à refuser toutes sorties nocturnes ?
Et bien, je vous l’annonce : nous allons innover et nous retrouver à l’heure du déjeuner !
Pendant que nos amis cuisiniers prennent quelques jours de repos - en réalité, ils récurent leurs chaudrons, grattent leurs marmites, ratissent leurs broches, éclaircissent leur grils et bichonnent leurs maisons fermées jusqu’aux fêtes de fin d’année - en ce mois de décembre où se déroule u
n repas qui a cela de particulier et même d’unique que ce n’est ni un déjeuner, ni un dîner, ni un goûter, ni un souper, mais un « réveillon » ! Inspiré par ce repas qui porte si mal son nom - il y a bien longtemps que les « réveillonneurs » sont réveillés et n’ont aucune intention d’aller se coucher ! - « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque » vous propose d’« homonymer » ce mot en le conjuguant impérativement au pluriel et en proclamant haut et fort : « Réveillons nos papilles et notre convivium endormi » en nous retrouvant nombreux à notre
prochaine rencontre qui se déroulera le Samedi 11 décembre 2010, à la Coopérative Eztigar, à Saint-Just-Ibarre, où nous sommes attendus à 11 heures précises pour découvrir cette belle adresse, en connaître l’histoire, visiter les vergers - prévoir des vêtements chauds et des chaussures idoines car une partie de la visite se fait à l'extérieur - et découvrir le processus de fabrication du « sagarnoa », vin de pomme dit « cidre basque », qui peut se targuer d’être la “première boisson du monde” si l’on en croit certains contes, légendes et proverbes transmis de génération en génération en Pays Basque Sud où il est considéré comme descendant de “la pitarra”, breuvage fermenté à base d’une macération de pommes tranchées et séchées consommé par les premiers basques dès le Néolithique… Toujours est il que si le cidre a calmé la soif de nos ancêtres depuis des millénaires, ce n’est qu’en 1014 qu’un document écrit confirme l‘existence du pommier en terres basques du sud, suivi de multiples édits, lois et ordonnances pour contrôler sa production jusqu’au début du XX°siècle, période où la tradition "cidrière" s’est vue renforcée par l’introduction de nouvelles cultures et l’apparition de son industrialisation.
Côté nord, le fait que les fermiers qui faisaient du cidre songent davantage à leur propre consommation qu‘à sa commercialisation, entraîna la disparition des vergers et avec eux celle des variétés
traditionnelles de pommiers du Pays Basque. C’est devant ce triste constat qu’ un groupe de 31 fermiers et habitants du Pays Basque se sont lancés le défi de sauver la tradition du cidre en Pays Basque nord en se réunissant pour créer, en 1996, la "Coopérative cidricole Eztigar", la seule du Pays Basque produisant les variétés locales de pommes à cidre.
A partir de greffes de vieux pommiers dont les racines s’accrochent depuis des millénaires aux pentes douces et humides de certaines vallées de Basse Navarre et de la Soule dont le micro-climat a permis la survie, nos « coopérateurs » ont réussi à sauver sept variétés de “pommiers basques” dont ils ont planté plus de 15.000 pieds donnant d’exceptionnelles pommes à cidre de variétés locales - « Anisa » : pomme du curé, petite et orangée, agréable à croquer - « Mamula » : acidulée, avec une pointe d’amertume - « Ondomotxa » très sucrée et peu acide - « Peatxa » : acidulée et très parfumée - « Gordin Xuria » : grosse pomme blanche, bon équilibre sucre/acidité - « Eri Sagarra » : pomme aplatie au goût parfumé - « Eztika » : petite pomme douce amère - pour obtenir les produits naturels et de qualités que sont le « Cidre Eztigar » appelé « Sagarnoa », vin de pomme que nous dégusterons au cours d’un repas fidèle à la tradition des cidreries du Pays Basque… à l’exception du fait que si les hommes célébraient seuls les vertus du cidre dans des cidreries alors interdites aux femmes, nous fêterons le « sagarnoa » avec nos compagnes …. Pour une parfaite organisation de notre dernière rencontre de l’année 2010, je vous invite, dès réception de ce courrier, à informer Henri-Bernard Lapeyre de votre participation en retenant votre place en cliquant ici
Et que ceux qui disent que « Bizi Ona, le Slow Food du Pays Basque, » est moins actif et animé depuis quelques mois - « la pomme ne tombe jamais de l’arbre » dit le dicton populaire signifiant qu’il n’y a pas d’effet sans cause ! - aillent se « faire cuire un oeuf » … pendant que certains d’entre nous, fidèles entre les fidèles, se régaleront non loin des sources de la Bidouze des plats traditionnels des cidreries du Pays Basque : Velouté de légumes, omelette à la morue, Txuleta, Ardi Gasna accompagné de pâte de fruit… et autres plaisirs de bouche.pour 22 euros par personne
Amen.
Bernard Carrère.
Itinéraire : Saint-Jean-Pied-de-Port, D.933 jusqu’à Larceveau. Au rond point, prendre la D.918 - direction Mauléon / Col d’Osquich - Saint-Just-Ibarre est à 4 km..
MERCI DE VOUS INSCRIRE EN CLIQUANT ICI
Les commentaires récents